Médecin signant un contrat

Le salariat pour les médecins et dentistes en France

Vous êtes un praticien issu de l’Union européenne et vous souhaitez exercer en France ? C’est possible ! Toutefois, le système de santé français est complexe et s’y retrouver peut-être difficile, surtout si vous n’y avez pas été formés durant vos études, mais ne vous inquiétez pas. Chez JoberGroup, on s’occupe de tout. Notre programme JoberMobility a été conçu pour que vous puissiez vous intégrer à notre beau pays dans les meilleures conditions. Ainsi, en plus de vous offrir un accompagnement personnalisé et gratuit (dont le détail est à retrouver sur notre page dédiée), nous avons décidé de regrouper toutes les informations utiles dans une série d’articles.

 

Nous l’avions vu dans notre article sur les différents types de secteurs dans le système de santé français : le praticien qui décide d’exercer en métropole pourra opter pour le libéral ou le salariat. Dans cet article, nous tenterons de définir les contours de la contractualisation des spécialistes. Qu’il s’agisse d’un CDI ou d’un CDD, le salariat présente un certain nombre de modalités que nous nous proposons d’éclaircir pour vous. 

Sommaire

Comprendre le statut salarié pour les professionnels de santé

Définition du salariat pour un médecin ou un dentiste

Le statut salarié pour un médecin ou un chirurgien-dentiste se définit par l’existence d’un contrat de travail liant le praticien à un employeur (hôpital, clinique, centre de santé, etc.). Contrairement à l’exercice libéral – où le professionnel de santé est indépendant, rémunéré à l’acte par ses patients – le praticien salarié perçoit un salaire fixe et régulier, versé par son employeur, quel que soit le nombre d’actes réalisés. Ce salaire s’accompagne d’une relation de subordination : le médecin ou dentiste salarié doit respecter le règlement et l’organisation du service qui l’emploie, en échange d’avantages sociaux prévus par le Code du travail. 

En pratique, le salariat pour les professionnels de santé en France recouvre des situations variées : du médecin hospitalier fonctionnaire au dentiste recruté en centre de santé municipal, tous ont en commun une rémunération stable et une moindre charge entrepreneuriale par rapport à leurs confrères libéraux.

En France, le salariat prend une place de plus en plus importante dans le paysage médical français. À l’heure de ces lignes, la moitié des médecins en activité ont une part salariale dans leur exercice (exclusivement salariés ou en exercice mixte combinant salariat et libéral). Pour les chirurgiens-dentistes, le mode libéral reste majoritaire, mais on observe une progression du salariat ces dernières années. En 2021, environ 84% des dentistes exerçaient en libéral, contre 16% en salarié. En 2025, on estime qu’environ 17,7% des chirurgiens-dentistes (voir notre fiche métier dentiste) français sont salariés, signe d’une évolution notable même dans cette profession traditionnellement libérale.

En d’autres termes, le salariat s’impose progressivement comme une alternative ou un complément à l’exercice libéral pour de nombreux professionnels de santé, offrant un cadre d’exercice différent au sein du système de santé français.

Courbe de la répartition des médecins selon le type de contrat
Façade de l'hôpital privé d'Antony

Les principaux types d’employeurs dans le secteur de la santé

Les médecins et dentistes salariés peuvent travailler pour une diversité d’employeurs dans le secteur de la santé. Voici les principaux types de structures qui recrutent sous statut salarié :

  • Hôpitaux publics – C’est le premier employeur de médecins salariés. Environ 67 % des médecins salariés travaillent à l’hôpital public sous le statut de praticien hospitalier (agent du service public).

  • Cliniques privées et établissements de soins privés – Qu’ils soient à but lucratif ou non lucratif, ces établissements emploient environ 30% des médecins salariés.

  • Centres de santé et structures mutualistes ou communales – De nombreuses centres de santé polyvalents ou dentaires emploient des médecins généralistes, des spécialistes et des dentistes sous contrat salarié.

  • Établissements médico-sociaux (EHPAD, PMI) – Les médecins peuvent être salariés comme médecins coordonnateurs en EHPAD (maisons de retraite médicalisées) ou au sein de la protection maternelle et infantile (PMI) départementale. Ils assurent le suivi médical des résidents ou des enfants, avec un statut de salarié territorial.

  • Services de santé au travail et médecine scolaire – Les médecins du travail sont quasi exclusivement salariés, soit par des services inter-entreprises, soit directement par de grandes entreprises (service autonome). De même, les médecins scolaires sont employés par l’Éducation nationale pour veiller à la santé des élèves. Ces postes offrent des horaires réguliers et relèvent souvent de la fonction publique.

  • Organismes publics et administration – Certains médecins intègrent l’administration de la santé : médecins-conseils de l’Assurance Maladie, inspecteurs de santé publique dans les ARS, etc., tous ont un statut salarié.

  • Enseignement et recherche, industrie pharmaceutique – Des praticiens peuvent être salariés comme enseignants-chercheurs ou conseillers médicaux dans l’industrie pharmaceutique et les dispositifs médicaux.

Dans tous les cas, le lien contractuel est une caractéristique commune : le professionnel signe un CDD ou un CDI avec l’organisme employeur. Ce contrat définit le temps de travail, la rémunération et les missions du praticien.

Les avantages du salariat pour les médecins et dentistes

Stabilité de l’emploi et sécurité financière

Être salarié, c’est avoir un salaire fixe chaque mois, peu importe le nombre de patients vus. C’est une sécurité, surtout pour les jeunes praticiens qui cherchent de bonnes offres d’emploi médecin généraliste ou des offres d’emploi chirurgien-dentiste. Pas besoin de se soucier d’attirer une patientèle ou de faire face aux périodes creuses. En cas de crise, le salarié reste protégé. Dans le public, un concours peut même garantir un emploi à vie et en cas de licenciement, les droits au chômage sont assurés.

Absence de gestion administrative

Le praticien salarié n’a pas à gérer un cabinet. Tout est pris en charge par l’employeur : matériel, facturation, lien avec l’Assurance Maladie, personnel, comptabilité. Cela permet de se concentrer uniquement sur les soins. Pour les jeunes ou ceux qui n’aiment pas la paperasse française, c’est un vrai soulagement.

Accès à des congés payés et à une couverture sociale complète

Le salarié bénéficie de 5 semaines de congés payés minimum, sans perte de revenu. Le régime de Sécurité sociale couvre aussi les arrêts maladie, la maternité et les accidents du travail. En complément, une mutuelle d’entreprise est toujours proposée. Enfin, concernant la retraite, les cotisations sont automatiques et donnent droit à une pension plus stable. Ces protections renforcent l’attrait du salariat, surtout pour ceux qui cherchent un meilleur équilibre de vie.

Les inconvénients liés à l’exercice salarié

Moins de liberté dans l’organisation du travail

Le salarié n’organise pas librement son emploi du temps. Ses horaires, gardes ou temps de consultation sont décidés par l’employeur. À l’hôpital ou en centre de santé, les journées sont planifiées, avec peu de marge de manœuvre. Contrairement à un libéral, il ne peut pas adapter facilement ses horaires ou décider de ses outils de travail. Il doit suivre les protocoles de la structure et rendre des comptes à sa hiérarchie. Cette perte d’autonomie peut peser sur les praticiens qui souhaitent plus de liberté au quotidien.

Possibilités de rémunération parfois limitées

Le salaire du praticien salarié est stable, mais plafonné. Il évolue lentement, selon l’ancienneté ou les gardes effectuées. Même en travaillant plus, le revenu ne varie pas, car ce sont les structures qui encaissent le surplus. Un médecin ou dentiste libéral, lui, peut augmenter ses revenus en voyant plus de patients, en fixant ses honoraires (dans certains cas) ou en développant sa patientèle. Il peut aussi optimiser ses charges, ce qu’un salarié ne peut pas faire. Pour certains profils, cette limitation de revenu est un frein.

Charge de travail et contraintes horaires

Travailler en tant que salarié ne signifie pas toujours moins d’heures. À l’hôpital notamment, les journées peuvent être longues, avec des gardes de nuit, des week-ends et une forte pression de travail. La nature imprévisible du métier fait que certains médecins dépassent largement les 39 heures par semaine. Les dentistes salariés peuvent aussi avoir des horaires imposés en soirée ou le samedi. En cas de pénurie de personnel, le rythme s’intensifie. En outre, les congés doivent être validés à l’avance.

Infographie sur la vision du salariat

Comparaison entre exercice libéral et exercice salarié

Autonomie et responsabilités

L’exercice libéral se caractérise par une autonomie complète : le praticien organise librement son activité, son emploi du temps, sa politique tarifaire, ses recrutements et l’ensemble des aspects liés à la gestion de son cabinet. Il en assume aussi l’entière responsabilité, tant sur le plan médical qu’économique. À l’inverse, le salarié évolue dans un cadre défini par son employeur. Il conserve son autonomie de décision clinique, mais ne maîtrise ni l’organisation matérielle de son activité ni les choix stratégiques. Il intervient dans un environnement structuré, avec des protocoles à respecter et des décisions souvent prises collectivement. En cas de difficulté, la structure apporte un soutien administratif et juridique, là où le libéral agit seul.

Revenus : fixe ou variables

Le salarié perçoit un revenu mensuel stable, défini contractuellement. Il peut être complété de primes, mais son évolution reste limitée. Le libéral, lui, voit ses revenus fluctuer selon le volume d’activité, les actes réalisés et les honoraires pratiqués. Cette variabilité implique une prise de risque, mais offre un potentiel de gains plus élevé. Le libéral peut optimiser fiscalement ses revenus, adapter son rythme de travail et fixer, dans certains cas, ses tarifs. En revanche, il supporte l’intégralité des charges et frais professionnels. Le salarié, lui, n’a pas de frais de structure et bénéficie d’un revenu net plus lisible. Il ne peut toutefois pas agir sur ses tarifs ni capter directement les fruits d’une hausse d’activité, bien qu’il puisse faire jouer son expertise en passant par des recruteurs médicaux capables de valoriser ses compétences. En somme, le salariat garantit un revenu sécurisé et prévisible ; le libéral, un revenu potentiellement plus élevé, mais incertain.

Cadre de travail et relation avec les patients

Le praticien libéral exerce généralement dans un cadre personnalisé, qu’il choisit et aménage selon ses préférences. Il entretient une relation de proximité avec sa patientèle, suivie dans la durée, ce qui favorise une approche individualisée des soins. Le salarié exerce dans une structure plus collective intégrant une équipe pluridisciplinaire. Le cadre y est standardisé et les soins sont souvent segmentés entre plusieurs intervenants. Le suivi des patients peut y être plus ponctuel et moins personnalisé. Toutefois, le salariat permet un accès facilité à un plateau technique performant, un environnement collaboratif et une répartition des responsabilités. Le libéral est plus autonome, mais aussi plus isolé. Le salarié bénéficie d’un cadre organisé, mais moins flexible.

Profils concernés et motivations au choix du salariat

Jeunes diplômés et début de carrière

De nombreux jeunes médecins et dentistes privilégient aujourd’hui le salariat en début de carrière. Ce choix s’explique d’abord par leur parcours de formation, essentiellement hospitalier, qui les prépare davantage au fonctionnement salarié qu’à l’installation libérale. Ensuite, parce que le salariat offre une sécurité financière immédiate : pas de prêt pour un cabinet, un revenu dès le premier mois et aucune gestion à assumer. Cela permet de débuter sans engagement lourd. En 2022, seuls 7 % des jeunes médecins se lançaient directement en libéral.

Le cadre salarié est également rassurant : présence de confrères expérimentés, peu de décisions stratégiques à prendre et un exercice encadré. De nombreux jeunes praticiens estiment que ce mode d’exercice leur permet de se concentrer sur la pratique clinique sans stress entrepreneurial. Enfin, le salariat séduit par la qualité de vie qu’il propose : horaires fixes, congés garantis, peu ou pas de gardes imprévues. Pour beaucoup, il s’agit d’une première étape avant une éventuelle installation ultérieure.

Professionnels en reconversion ou en recherche d’équilibre

Le salariat attire aussi des praticiens expérimentés en quête de stabilité ou d’un second souffle professionnel. Certains, après plusieurs années en libéral, souhaitent se libérer des contraintes liées à la gestion d’un cabinet : administratif, pression financière, astreintes. Le passage au salariat grâce à des cabinets de recrutement spécialisés permet de se recentrer sur la pratique médicale dans un cadre structuré.

D’autres y trouvent une meilleure conciliation vie professionnelle/vie personnelle, notamment via des horaires aménageables, des congés ou des temps partiels. Ce besoin d’équilibre concerne souvent les femmes praticiennes, mais aussi des hommes à certaines étapes de leur vie.

Le salariat peut aussi jouer un rôle de transition pour ceux qui ont eu des parcours atypiques et souhaitent revenir vers le soin sans s’installer immédiatement. En fin de carrière, certains praticiens optent pour un emploi salarié à temps partiel, allégeant leur activité tout en restant utiles à une équipe.

Médecins et dentistes dans des zones sous-dotées

Dans les zones rurales ou sous-dotées, où l’installation libérale est peu attractive, le salariat constitue une solution concrète. De nombreuses communes recrutent aujourd’hui directement des praticiens salariés en leur proposant un local, un salaire sécurisé et parfois un logement (voir notre article sur les aides à l’installation).

Des dispositifs publics (comme “Ma Santé 2022”) soutiennent aussi la création de postes salariés dans les territoires en tension, permettant aux professionnels de s’installer sans risque économique. Du côté dentaire, on voit se multiplier des centres de santé mutualistes ou municipaux en zone rurale, qui embauchent des praticiens en CDI avec des conditions attractives.

Ce type de salariat répond à une double logique : garantir un accès aux soins pour les populations locales et offrir au praticien un cadre sécurisé et structurant. Il s’agit souvent d’un engagement valorisant, dans des contextes où l’utilité sociale du soignant est particulièrement visible.

Perspectives d’évolution pour les praticiens salariés

Accès à des fonctions de coordination ou de direction

Le salariat offre de réelles perspectives d’évolution vers des postes à responsabilités. Dans le secteur public, un médecin peut devenir praticien hospitalier titulaire, puis accéder à des fonctions de chef de service ou de pôle, impliquant la gestion d’équipe, le pilotage médical et la stratégie du service. En clinique ou en centre de santé, il est également possible d’évoluer vers des fonctions de coordination médicale ou de direction, comme dentiste coordinateur ou responsable médical.

Des passerelles existent également vers des postes administratifs : directeur médical, médecin inspecteur de santé publique, ou cadre dans une ARS, souvent après formation complémentaire. Pour les chirurgiens-dentistes, les fonctions hiérarchiques se développent surtout dans les centres mutualistes ou universitaires.

L’exercice salarié permet ainsi à ceux qui en ont les aptitudes de combiner pratique clinique et engagement managérial, avec reconnaissance statutaire et revalorisation salariale à la clé. Ces évolutions sont peu accessibles en exercice libéral, où la trajectoire reste essentiellement horizontale.

Possibilité de cumuler avec une activité libérale

Un grand nombre de praticiens choisissent un exercice mixte, combinant salariat et activité libérale. Ce cumul, sous conditions, permet d’allier sécurité du revenu fixe et complément de rémunération via l’activité indépendante. Il est fréquent, notamment chez les spécialistes hospitaliers à temps partiel, d’exercer également en cabinet.

Ce modèle offre une diversité de pratiques et de cadres d’exercice : médecine d’équipe à l’hôpital, relation de suivi en libéral. Il permet aussi de maintenir une certaine liberté d’organisation, tout en profitant des avantages liés au salariat.

Formation continue et spécialisations

Le salariat facilite l’accès à la formation continue et aux spécialisations. Les praticiens salariés bénéficient de congés dédiés, d’un financement possible par l’employeur ou des fonds de formation, et d’un aménagement du temps de travail. Cela permet de suivre des DU, d’assister à des congrès ou d’approfondir une spécialisation tout en maintenant son poste.

Le salariat ouvre aussi la voie à des fonctions pédagogiques (référent qualité, formateur interne, coordinateur DPC) ou à des évolutions de carrière (vers la santé publique ou l’administration). C’est un levier structurant pour faire évoluer son exercice tout au long de la carrière.

Le choix entre exercice libéral et salarié dépend donc étroitement du projet professionnel, du moment de carrière et des priorités personnelles. Le salariat répond aux aspirations croissantes de stabilité, d’équilibre de vie et de parcours évolutif. Le libéral demeure attractif pour ceux qui valorisent l’autonomie et le potentiel économique. Nombre de praticiens optent aujourd’hui pour des trajectoires hybrides, témoignant de la complémentarité possible entre ces deux statuts dans une carrière médicale ou dentaire.

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Barthélemy

Créateur du JoberBlog, c'est un passionné du secteur de la santé et du recrutement (médical), qu'il étudie chaque jour. Il s’occupe de la maintenance du site et de la rédaction des articles français. Si vous ne le trouvez pas sur Word, cherchez-le sur Excel.

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